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L’hiver au Soleil

7 Déc

L’archipel japonais est bien sûr composé des quatre îles principales — du nord au sud Hokkaido, Honshu, Shikoku et Kyushu — qui représentent la large majorité du territoire terrestre ; mais aussi de quelques milliers d’autres îles, de tailles plus ou moins importantes, habitées ou non. Au sud, les îles Ryukyu s’étendent sur plus de mille kilomètres jusqu’aux abords de Taïwan. L’archipel d’Okinawa constitue lui-même la partie méridionale de cette chaîne. « Okinawa » désigne à la fois l’archipel, une des préfectures du Japon (沖縄県), l’île principale de l’archipel (沖縄本島) et une ville sur ladite île (沖縄市), qui au passage n’est pas la ville principale… Pas facile de s’y retrouver, mais lorsque l’on parle d’Okinawa en général, c’est pour désigner l’île ou bien l’archipel.

La grande majorité des visiteurs arrivent par avion dans la capitale, Naha, une agglomération de plus de 300 000 habitants, avant de visiter le reste de l’île d’Okinawa ou d’embarquer à bord de ferrys. Le tourisme représente une activité majeure dans cet archipel aux plages paradisiaques et dont la biodiversité sous-marine offre un des plus beaux sites de plongée au monde. Il s’agit évidemment d’une destination de premier choix pour les japonais durant l’été, ce qui se traduit par des prix relativement élevés. La période estivale n’est donc peut-être pas le meilleur choix pour s’y rendre…

Début novembre, je décide de profiter des promotions d’une compagnie low-cost, Jetstar, pour y faire un tour. L’offre est plus qu’intéressante : aller-retour pour environ 6 000 yen, soit moins de 60 € !! Seul hic : départ depuis Osaka. Je me suis donc rendu en bus de nuit à Osaka pour environ 4 000 yen :  au total, l’aller-retour m’aura donc coûté un peu moins de 100 €.

Okinawa_Trip
L’archipel ne manque pas d’attractions pour les touristes : plages, plongée, randonnées, sites historiques, il y en a pour tous les goûts et un séjour d’une semaine, comme dans mon cas, ne permet pas d’en faire le tour ! L’île d’Okinawa en elle-même est relativement grande, s’étalant tout en longueur sur une centaine de kilomètres. L’idéal est de louer une voiture. Avantage supplémentaire si vous vous y rendez hors saison, vous trouverez des locations à moins de 20 € la journée. Personnellement, je ne suis resté que deux petites journées sur l’île, le temps de voir la capitale Naha, le fameux aquarium de Churaumi — un des plus grands au monde — et la ville d’Okinawa. Cette dernière fut étonnement divertissante. L’île est connue pour abriter des troupes américaines, sujet très sensible dans les années 60 et toujours controversé, et c’est dans la ville d’Okinawa que la présence américaine se fait le plus ressentir. Dans les rues, autant d’étrangers que de japonais, tous les commerces acceptent les dollars, et l’usage de l’anglais est omniprésent. Un véritable microcosme, relativement dépaysant pour quelqu’un qui vit au Japon.

Okinawa_ItineraryMis à part ce mini road-trip, le reste de mon séjour s’est déroulé sur de plus petites îles, situées à environ une heure de ferry de la ville de Naha, les îles Kerama. Choisie presque au hasard, cette destination s’est avérée être une bonne option. Les plages y sont magnifiques, la vie sous-marine également, et les prix sont raisonnables. Comptez 30 € pour une place en guest house sur l’île de Zamami. Évitez cependant l’île de Aka pour passer la nuit, les prix y étant pour une raison mystérieuse deux fois plus élevés. Zamami abrite également un camping, l’emplacement est à 2 ou 3 € la journée. Un dernier conseil pour ceux qui se rendraient dans ces îles, ou n’importe quelles autres dans la région : amenez vos masques et tubas, quitte à les acheter à Naha ! Autrement vous les paierez au prix fort en location…

La meilleure partie du séjour : pas un seul touriste à l’horizon. En novembre les plages sont désertes, il fait entre 25 et 30°C et l’eau est encore à 23°C, largement assez pour se baigner. Conclusion : prix cassés, calme et beau temps, saison fortement recommandée !

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

Remarque : la baleine que l’on peut apercevoir sur une des photos n’est pas une vraie… Cependant, les îles Kerama sont réputées pour l’observation des baleines, durant le mois de janvier si ma mémoire est bonne.

À la conquête du Daisetsuzan !

11 Oct

Nouveau périple, nouveau cadre. Exit les plages de la mer de Seto, cap au nord ! Le Parc National du Daisetsuzan (大雪山, littéralement « grande montagne enneigée ») est par sa taille le premier de l’archipel japonais et se situe sur l’île d’Hokkaido, la plus au nord des quatre îles principales. Constitué du massif montagneux éponyme, il est dominé par le Mont Asahidake, haut de ses 2 290 mètres et par ailleurs point culminant d’Hokkaido. Au total, le parc compte 16 pics dépassant les 2 000 mètres d’altitude. Il offre parmi les plus beaux paysages du Japon et regorge d’une faune et d’une flore des plus riches, avec de nombreuses espèces rares et notamment une population d’ours bruns très prolifère. Comme nous avons pu en être témoins…

Mais commençons par le début. Le parc est situé à environ 1 000 kilomètres de Tokyo, et c’est donc à l’aéroport international de Narita que notre périple a commencé. Si l’on s’y prend à l’avance, il est possible d’obtenir des tickets vraiment bon marché auprès des deux principales compagnies low-cost que sont Skymark et Jetstar. Dans notre cas, nous avons pu effectuer l’aller-retour pour la modique somme de 10 000 yen (environ 100 €).

Notre plan: 4 jours et 4 nuits, une cinquantaine de kilomètres et environ 6 000 mètres de dénivelé répartis sur 6 sommets. Au départ plus nombreux, nous étions finalement  5 à participer à l’aventure: deux français, une française et deux japonaises. Malgré la courte durée du séjour, le temps de préparation fut assez conséquent, occupant une bonne partie de mes journées pendant plusieurs semaines. Au-delà des soucis de logistique, ce sont les détails techniques du trek en lui-même qui étaient en cause.

Article sur le Daisetsuzan dans un magazine

Car cette excursion n’est pas tout à fait une promenade de santé. Réputé parmi les randonneurs comme relativement difficile, la traversée du Daisetsuzan, ou « Grand Traverse », comporte de nombreux défis à relever. Mis à part les pentes parfois rudes, le parc est également sujet à un climat changeant et potentiellement hostile, comme nous en avons malheureusement fait l’expérience… Les vents peuvent atteindre des vitesses record, et même en été certaines zones restent enneigées. Les premières neiges tombent à la mi-septembre. Notre programme, étalé du 30 août au 2 septembre, était donc situé en fin de saison.

Le second danger, ce sont les ours bruns, « higuma » (ヒグマ) en japonais, qui vivent en grand nombre dans le parc. Leur présence ne doit pas être prise à la légère et il est indispensable de porter sur soi en permanence une cloche « anti-ours » afin de les tenir éloignés. Nous avons eu la « chance » d’en apercevoir un lors du second jour, chance car nous étions alors dans une hutte et l’ours en question était visible, à une centaine de mètres, à travers une fenêtre. C’est cependant peu rassurés que nous sommes repartis le lendemain, empruntant un chemin apparemment plus fréquenté par les ours que les randonneurs (d’après les mises en garde d’un garde du parc).

Panneau signalant le passage fréquent d’ours…

Enfin, la question des vivres est également cruciale. Évidemment, il est nécessaire comme pour tout séjour de ce genre d’emporter avec soi assez de nourriture pour l’ensemble du trek. Cependant, une des difficultés propres au Daisetsuzan est liée à l’eau. Elle est en effet impropre à la consommation du fait de la présence relativement abondante d’un parasite, l’Echinococcus, provenant de l’urine des renards. Il est donc nécessaire de faire bouillir l’eau avant de la boire pendant quelques minutes, ce qui demande un certain niveau d’organisation. Surtout lorsque, comme dans notre cas, il n’y a qu’un réchaud pour 5 personnes…

Malgré ces quelques difficultés d’ordre technique, le parc offre de tels paysages que l’effort demandé est largement récompensé. La plus grande des difficultés à laquelle nous ayons dû faire face restera la perte de notre tente au cours de la première nuit, qui n’a pas survécu à une tempête nocturne, bien qu’ayant vaillamment lutté jusqu’à 4h30 du matin. Heureusement, les points de campement prévus pour les jours suivant comportaient tous un abri. Hautement recommandé à tout randonneur possédant un minimum d’expérience.

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Périple en Mer Intérieure de Seto

24 Juil

En mai 2012, nous étions sept étudiants, sept aventuriers téméraires à nous engager dans un périple dont personne ne connaissait l’aboutissement… En route vers la mer intérieure de Seto ! Objectif final : Manabeshima (真鍋島), littéralement l’île du « pot authentique » (???)… Peu importe le nom, on y va ! Notre itinéraire est retracé sur la carte figurant ci dessous (cliquez pour agrandir).

Manabeshima_Trajet

Concrètement, la mer intérieure de Seto, c’est l’étendue d’eau qui se situe entre trois des quatre principales île de l’archipel japonais : Honshu, Shikoku, et Kyushu. Elle est parsemée d’une multitude de petites îles dont certaines sont relativement connues, comme l’île-musée de Naoshima, et d’autres sont complètement inconnues, comme notre destination, Manabeshima…

Mais pourquoi sommes-nous donc partis sur cette île a priori sans intérêt dont la majorité des japonais eux-mêmes ignorent l’existence ? La raison à tout cela, le point de départ, c’est un livre : Manabé Shima, de Florent Chavouet (voir la couverture à droite). Il s’agit d’une bande dessinée très bien réalisée et pleine d’humour, décrivant le séjour de l’auteur, un jeune Français, sur cette île recluse au milieu de nulle part. Il s’agit d’un deuxième tome pour Florent Chavouet, le premier ayant pour décor la capitale nippone. Je vous recommande d’ailleurs fortement de consulter son site personnel et son blog.

C’est donc après avoir lu cette bande dessinée que nous avons décidé d’explorer l’île par nous-mêmes, afin de vérifier si la description était bien fidèle… Et nous n’avons pas été déçus ! Dés notre arrivée sur l’île, c’était comme si nous avions été aspirés dans la bande dessinée. La plupart des habitants sont décrits dans l’ouvrage, ainsi que tous les lieux « clés » de l’île. Il était alors amusant de comparer chaque élément du livre à son original. Dés notre débarquement, c’est un des personnages principaux du livre qui nous a accueilli : Ikkyu-san. Je vous laisse voir par vous-mêmes…

C’était donc principalement motivés par ce livre que nous sommes partis vers la mer intérieure de Seto. Un voyage de cinq jours et quatre nuits. La première étape consistait à rejoindre la ville d’Okayama, un trajet d’environ 9 heures en bus de nuit, direct depuis la capitale. De là nous avons rejoint la ville de Kasaoka en train, d’où nous avons directement appelé un bateau-taxi pour rejoindre Manabeshima. Nous avons campé deux nuits dans un parc public, visité l’île dans ses moindres recoins et sympathisé avec les habitants en prenant part à divers événements tels que l’Undokai (運動会) de l’école primaire, fête sportive traditionnellement tenue en mai ou en octobre dans toute école japonaise (sujet sur lequel j’avais d’ailleurs publié un précédent article). Satisfaits de la réalité de l’île, nous avons ensuite décidé d’explorer les terres voisines : Shiraijishima puis Kitagishima.

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Nous avons sur cette dernière retrouvé un vieil homme qui nous avait été présenté à Manabeshima, Nakamura-san. Un exemple d’hospitalité comme on n’en fait que dans les campagnes japonaises. Non seulement nous a-t-il offert une de ces deux maisons pour y passer la nuit (!), mais il a en plus cuisiné deux repas pour nous, nous a fait visité l’île à bord de sa petite voiture et nous a même reconduit au port pour notre départ ! La maison elle-même était une sorte de caverne d’Ali Baba, remplie de vieilleries chinées dans des brocantes, une ambiance assez surréaliste et amusante.

Si vous faites un tour à Kitagishima, n’hésitez pas à contacter Nakamura-san, il se fera un plaisir de vous accueillir comme il semble d’ailleurs le faire à chaque fois qu’un groupe d’étrangers est aperçu dans la région. Un de ses amis tient d’ailleurs un blog comportant de nombreuses photos de ces invités improvisés. Vous trouverez même un article sur notre passage !

L’île de Kitagishima était par le passé réputée dans le Japon entier pour sa production de pierres, utilisées dans les constructions les plus nobles du pays, telles que le temple de Meiji-Jingu à Tokyo par exemple. Depuis quelques décennies, avec l’arrivée des pierres chinoises sur le marché, Kitagishima a perdu sa compétitivité et l’île s’est peu à peu désertifiée. Auparavant peuplée d’environ 1200 personnes, il ne reste aujourd’hui qu’une fraction de la population, environs 200 âmes. L’école primaire, un bâtiment imposant sur 3 étages, n’accueille désormais qu’une poignée d’enfants, au total moins de 10. Ce phénomène de désertification est commun à la plupart des îles de la mer intérieure de Seto, ayant perdu toute activité économique et par la même occasion tout attrait pour les jeunes générations. Nous avons pourtant fait à Kitagishima la rencontre inopportune d’un trentenaire Néozélandais, arrivé là directement en bateau il y a quelques années et depuis lors installé sur l’île. Il a monté son entreprise spécialisée dans les équipements nautiques, et notamment les cordages. L’entreprise emploie plusieurs personnes résidant sur l’île et possède même un site web très complet.

Pour notre dernière journée dans la région, nous avons décidé d’explorer une autre île, un peu plus éloignée de Manabeshima cette fois-ci : Shodoshima. Il s’agit d’une île de taille conséquente et équipée de nombreuses infrastructures, rien à voir avec notre première destination. Pour nous y rendre, il a été nécessaire de rejoindre Okayama afin de prendre un nouveau ferry. Nous ne sommes restés que quelques heures sur cette île, avant de monter dans le bus de nuit qui nous reconduit à Tokyo. Juste le temps de nous rendre à la presqu’île, apparemment connue, de Shodoshima. Parfois comparée au Mont Saint-Michel (??) ce n’est en fait qu’une simple presqu’île… Mais le couché de soleil était agréable  !

Un Weekend à Takayama

28 Avr

C’est une petite ville d’environ 90 000 habitants, située à l’ouest de Tokyo, dans la préfecture de Gifu. Takayama est, comme l’indiquent les deux idéogrammes composant son nom (高, haut(e), et 山, montagne), enclavée dans les alpes japonaises. Pour parcourir les quelques 300 kilomètres qui la séparent de Tokyo, pas moins de 5 heures de route sont nécessaires. Pas d’autoroute pour se rendre à Takayama. La moitié du voyage se fait sur des petites routes de montagne tortueuses. Ce n’en est pour autant pas désagréable, et les torrents bleus émeraude suffisent à faire oublier la longueur du trajet. Depuis la capitale, la meilleure façon d’effectuer ce voyage est certainement d’utiliser le bus au départ de Shinjuku (opéré par la compagnie Nohi Bus), qui mène directement à Takayama. Notons qu’une seconde ville porte le même nom au Japon. Pour les distinguer, celle à laquelle nous nous intéressons ici est souvent appelée Hida-Takayama, Hida étant une ville voisine.

Vieille ville de Takayama

Takayama possède plusieurs attraits pour les touristes. Le premier étant sa vieille ville : des rues entières datant de la période Edo (1600-1868) ont été préservées jusqu’à nos jours (voir la photo ci-dessus). Il est assez rare de voir dans les villes japonaises d’aussi importants quartiers historiques datant de cette époque. Le second est son festival. Ou plutôt ses festivals. Deux fois par an, la ville fait parader sa collection de chars – des autels portatifs – attirant ainsi des foules d’étrangers aussi bien que de japonais. Le festival de printemps (14 et 15 avril) ainsi que le festival d’automne (9 et 10 octobre) possèdent chacun leur douzaine de chars ornementés. Le festival de printemps est également appelé Sanno Festival, et celui d’automne Hachiman festival. Les festivals de Takayama sont considérés comme faisant partie des plus beaux du Japon. Si l’emploi du temps s’y prête, il s’agit donc d’évènement à ne pas manquer lors d’un voyage au Japon. Seul bémol, si comme il fut le cas cette année en avril il pleut durant le festival, les chars ne défileront pas dans les rues mais seront seulement exposés dans leurs abris. Ce sont en effet des objets d’arts historiques qu’il faut à tout prix protéger des intempéries.

Un char exposé dans son abri

安心@高山

Cependant, pluie n’est pas synonyme de séjour gâché, même pendant le festival de Takayama. Un des effets bénéfiques de la pluie est d’éloigner les foules, ce qui donne au festival une teinte particulière. On ne fait pas l’expérience de l’atmosphère de fête que l’on attendrait, mais l’on peut admirer les chars sans trop se faire bousculer. Surtout, on peut profiter des parcs et multiples temples de Takayama dans la plus grande tranquillité, sans croiser âme qui vive. Les brumes s’accrochent aux reliefs ciselés qui entourent la ville, et l’atmosphère dans son ensemble est très propice au repos. Terminez la journée par un bain dans un onsen, suivi d’un plat à base de boeuf de Hida (spécialité locale) et la journée ne vous semblera en rien avoir été perdue, bien au contraire… Ce fut en tout cas pour moi un des voyages les plus intéressants que j’aie fait au Japon.

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Kyoto (京都)

16 Sep

Kyoto (京都) était la capitale impériale du Japon de 794 à 1868. Elle abrite par conséquent un grand nombre de monuments historiques : temples, palais… Les photos présentées ici ont été prises lors d’un séjour effectué en juillet 2010.

Kyoto se situe au centre de l’île de Honshu, à environ deux heures et demi de Tokyo en train (ou sept à huit heures par la route…)

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