À la conquête du Daisetsuzan !

11 Oct

Nouveau périple, nouveau cadre. Exit les plages de la mer de Seto, cap au nord ! Le Parc National du Daisetsuzan (大雪山, littéralement « grande montagne enneigée ») est par sa taille le premier de l’archipel japonais et se situe sur l’île d’Hokkaido, la plus au nord des quatre îles principales. Constitué du massif montagneux éponyme, il est dominé par le Mont Asahidake, haut de ses 2 290 mètres et par ailleurs point culminant d’Hokkaido. Au total, le parc compte 16 pics dépassant les 2 000 mètres d’altitude. Il offre parmi les plus beaux paysages du Japon et regorge d’une faune et d’une flore des plus riches, avec de nombreuses espèces rares et notamment une population d’ours bruns très prolifère. Comme nous avons pu en être témoins…

Mais commençons par le début. Le parc est situé à environ 1 000 kilomètres de Tokyo, et c’est donc à l’aéroport international de Narita que notre périple a commencé. Si l’on s’y prend à l’avance, il est possible d’obtenir des tickets vraiment bon marché auprès des deux principales compagnies low-cost que sont Skymark et Jetstar. Dans notre cas, nous avons pu effectuer l’aller-retour pour la modique somme de 10 000 yen (environ 100 €).

Notre plan: 4 jours et 4 nuits, une cinquantaine de kilomètres et environ 6 000 mètres de dénivelé répartis sur 6 sommets. Au départ plus nombreux, nous étions finalement  5 à participer à l’aventure: deux français, une française et deux japonaises. Malgré la courte durée du séjour, le temps de préparation fut assez conséquent, occupant une bonne partie de mes journées pendant plusieurs semaines. Au-delà des soucis de logistique, ce sont les détails techniques du trek en lui-même qui étaient en cause.

Article sur le Daisetsuzan dans un magazine

Car cette excursion n’est pas tout à fait une promenade de santé. Réputé parmi les randonneurs comme relativement difficile, la traversée du Daisetsuzan, ou « Grand Traverse », comporte de nombreux défis à relever. Mis à part les pentes parfois rudes, le parc est également sujet à un climat changeant et potentiellement hostile, comme nous en avons malheureusement fait l’expérience… Les vents peuvent atteindre des vitesses record, et même en été certaines zones restent enneigées. Les premières neiges tombent à la mi-septembre. Notre programme, étalé du 30 août au 2 septembre, était donc situé en fin de saison.

Le second danger, ce sont les ours bruns, « higuma » (ヒグマ) en japonais, qui vivent en grand nombre dans le parc. Leur présence ne doit pas être prise à la légère et il est indispensable de porter sur soi en permanence une cloche « anti-ours » afin de les tenir éloignés. Nous avons eu la « chance » d’en apercevoir un lors du second jour, chance car nous étions alors dans une hutte et l’ours en question était visible, à une centaine de mètres, à travers une fenêtre. C’est cependant peu rassurés que nous sommes repartis le lendemain, empruntant un chemin apparemment plus fréquenté par les ours que les randonneurs (d’après les mises en garde d’un garde du parc).

Panneau signalant le passage fréquent d’ours…

Enfin, la question des vivres est également cruciale. Évidemment, il est nécessaire comme pour tout séjour de ce genre d’emporter avec soi assez de nourriture pour l’ensemble du trek. Cependant, une des difficultés propres au Daisetsuzan est liée à l’eau. Elle est en effet impropre à la consommation du fait de la présence relativement abondante d’un parasite, l’Echinococcus, provenant de l’urine des renards. Il est donc nécessaire de faire bouillir l’eau avant de la boire pendant quelques minutes, ce qui demande un certain niveau d’organisation. Surtout lorsque, comme dans notre cas, il n’y a qu’un réchaud pour 5 personnes…

Malgré ces quelques difficultés d’ordre technique, le parc offre de tels paysages que l’effort demandé est largement récompensé. La plus grande des difficultés à laquelle nous ayons dû faire face restera la perte de notre tente au cours de la première nuit, qui n’a pas survécu à une tempête nocturne, bien qu’ayant vaillamment lutté jusqu’à 4h30 du matin. Heureusement, les points de campement prévus pour les jours suivant comportaient tous un abri. Hautement recommandé à tout randonneur possédant un minimum d’expérience.

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

Périple en Mer Intérieure de Seto

24 Juil

En mai 2012, nous étions sept étudiants, sept aventuriers téméraires à nous engager dans un périple dont personne ne connaissait l’aboutissement… En route vers la mer intérieure de Seto ! Objectif final : Manabeshima (真鍋島), littéralement l’île du « pot authentique » (???)… Peu importe le nom, on y va ! Notre itinéraire est retracé sur la carte figurant ci dessous (cliquez pour agrandir).

Manabeshima_Trajet

Concrètement, la mer intérieure de Seto, c’est l’étendue d’eau qui se situe entre trois des quatre principales île de l’archipel japonais : Honshu, Shikoku, et Kyushu. Elle est parsemée d’une multitude de petites îles dont certaines sont relativement connues, comme l’île-musée de Naoshima, et d’autres sont complètement inconnues, comme notre destination, Manabeshima…

Mais pourquoi sommes-nous donc partis sur cette île a priori sans intérêt dont la majorité des japonais eux-mêmes ignorent l’existence ? La raison à tout cela, le point de départ, c’est un livre : Manabé Shima, de Florent Chavouet (voir la couverture à droite). Il s’agit d’une bande dessinée très bien réalisée et pleine d’humour, décrivant le séjour de l’auteur, un jeune Français, sur cette île recluse au milieu de nulle part. Il s’agit d’un deuxième tome pour Florent Chavouet, le premier ayant pour décor la capitale nippone. Je vous recommande d’ailleurs fortement de consulter son site personnel et son blog.

C’est donc après avoir lu cette bande dessinée que nous avons décidé d’explorer l’île par nous-mêmes, afin de vérifier si la description était bien fidèle… Et nous n’avons pas été déçus ! Dés notre arrivée sur l’île, c’était comme si nous avions été aspirés dans la bande dessinée. La plupart des habitants sont décrits dans l’ouvrage, ainsi que tous les lieux « clés » de l’île. Il était alors amusant de comparer chaque élément du livre à son original. Dés notre débarquement, c’est un des personnages principaux du livre qui nous a accueilli : Ikkyu-san. Je vous laisse voir par vous-mêmes…

C’était donc principalement motivés par ce livre que nous sommes partis vers la mer intérieure de Seto. Un voyage de cinq jours et quatre nuits. La première étape consistait à rejoindre la ville d’Okayama, un trajet d’environ 9 heures en bus de nuit, direct depuis la capitale. De là nous avons rejoint la ville de Kasaoka en train, d’où nous avons directement appelé un bateau-taxi pour rejoindre Manabeshima. Nous avons campé deux nuits dans un parc public, visité l’île dans ses moindres recoins et sympathisé avec les habitants en prenant part à divers événements tels que l’Undokai (運動会) de l’école primaire, fête sportive traditionnellement tenue en mai ou en octobre dans toute école japonaise (sujet sur lequel j’avais d’ailleurs publié un précédent article). Satisfaits de la réalité de l’île, nous avons ensuite décidé d’explorer les terres voisines : Shiraijishima puis Kitagishima.

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

Nous avons sur cette dernière retrouvé un vieil homme qui nous avait été présenté à Manabeshima, Nakamura-san. Un exemple d’hospitalité comme on n’en fait que dans les campagnes japonaises. Non seulement nous a-t-il offert une de ces deux maisons pour y passer la nuit (!), mais il a en plus cuisiné deux repas pour nous, nous a fait visité l’île à bord de sa petite voiture et nous a même reconduit au port pour notre départ ! La maison elle-même était une sorte de caverne d’Ali Baba, remplie de vieilleries chinées dans des brocantes, une ambiance assez surréaliste et amusante.

Si vous faites un tour à Kitagishima, n’hésitez pas à contacter Nakamura-san, il se fera un plaisir de vous accueillir comme il semble d’ailleurs le faire à chaque fois qu’un groupe d’étrangers est aperçu dans la région. Un de ses amis tient d’ailleurs un blog comportant de nombreuses photos de ces invités improvisés. Vous trouverez même un article sur notre passage !

L’île de Kitagishima était par le passé réputée dans le Japon entier pour sa production de pierres, utilisées dans les constructions les plus nobles du pays, telles que le temple de Meiji-Jingu à Tokyo par exemple. Depuis quelques décennies, avec l’arrivée des pierres chinoises sur le marché, Kitagishima a perdu sa compétitivité et l’île s’est peu à peu désertifiée. Auparavant peuplée d’environ 1200 personnes, il ne reste aujourd’hui qu’une fraction de la population, environs 200 âmes. L’école primaire, un bâtiment imposant sur 3 étages, n’accueille désormais qu’une poignée d’enfants, au total moins de 10. Ce phénomène de désertification est commun à la plupart des îles de la mer intérieure de Seto, ayant perdu toute activité économique et par la même occasion tout attrait pour les jeunes générations. Nous avons pourtant fait à Kitagishima la rencontre inopportune d’un trentenaire Néozélandais, arrivé là directement en bateau il y a quelques années et depuis lors installé sur l’île. Il a monté son entreprise spécialisée dans les équipements nautiques, et notamment les cordages. L’entreprise emploie plusieurs personnes résidant sur l’île et possède même un site web très complet.

Pour notre dernière journée dans la région, nous avons décidé d’explorer une autre île, un peu plus éloignée de Manabeshima cette fois-ci : Shodoshima. Il s’agit d’une île de taille conséquente et équipée de nombreuses infrastructures, rien à voir avec notre première destination. Pour nous y rendre, il a été nécessaire de rejoindre Okayama afin de prendre un nouveau ferry. Nous ne sommes restés que quelques heures sur cette île, avant de monter dans le bus de nuit qui nous reconduit à Tokyo. Juste le temps de nous rendre à la presqu’île, apparemment connue, de Shodoshima. Parfois comparée au Mont Saint-Michel (??) ce n’est en fait qu’une simple presqu’île… Mais le couché de soleil était agréable  !

Tokyo Fashion

23 Juil
Photos by The Bento Boy

 

S’il y a bien un thème que je ne pouvais pas manquer au sujet du Japon, et de Tokyo en particulier, c’est celui de la mode. Au pays des paradoxes, où l’uniforme est omniprésent de l’école primaire à l’entreprise, il existe un véritable engouement, une obsession même du vêtement, du look, du style. Les styles justement, on en trouve par centaines. Des idols déguisés en personnages de manga à l’ultra-chic des quartiers huppés, du hipster  au punk, du gothique au classique… Tokyo est un défilé permanent.

Mais qui, dans cette société si uniformisée, se permet donc de tels écarts ? Qui sont ces personnes, si nombreuses, à l’apparence parfois outrageuse, et forcément incompatible avec un boulot de salaryman ? Ce sont des étudiants du supérieur (la plupart des universités n’ayant pas d’uniforme, contrairement aux écoles, collèges et lycées) mais également des jeunes aux professions peu contraignantes ou en relation de près ou de loin avec la mode. Ce sont des serveurs, vendeurs, des coiffeurs ou des modèles. Des artistes, des entrepreneurs ou des freelancers.

 

 

Il m’est venu plusieurs fois l’envie de créer une partie de mon blog qui serait dédiée à la mode. Comme une mosaïque des styles tokyoïtes. Cependant, le sujet est tellement vaste qu’il me serait impossible de me consacrer à la tâche. Par ailleurs, un de mes amis a créé un blog visuel présentant divers styles, des photos qu’il réalise lui-même au gré de ses rencontres dans les rues de la capitale. Intitulé « The Bento Boy », je vous invite donc à jeter un oeil à ce journal personnel qui selon moi reflète bien l’éclectisme de la mode nippone.

 

Photo by The Bento Boy

Un Site pour Étudier à l’Étranger

20 Juil

Étudier à l’étranger : où trouver les infos ?

Aujourd’hui, un nombre croissant d’étudiants français font le choix de partir étudier à l’étranger afin d’ajouter un plus, non négligeable, à leur parcours. Les sources d’informations se sont largement développées ces dernières années, notamment sur internet, et aujourd’hui les blogs d’étudiants en séjour à l’étranger se multiplient, apportant chacun leur pierre à l’édifice.

Des démarches pas toujours faciles…

Comme j’ai pu m’en rendre compte par moi-même au Japon, les démarches avant le départ ainsi que les formalités sur place ne sont pas forcément des plus aisées. Parfois longues et difficiles, il est toujours agréable d’avoir un soutien extérieur, ou une bonne préparation.

Le site « Étudions à l’étranger » que j’ai découvert récemment offre une grande quantité d’informations sur plus de 20 destinations d’études différentes. Inscription aux universités, obtention d’un visa, assurances, logement… vous trouverez des conseils sur à peu près tous les points importants.

Le site présente de nombreux pays en Europe, Asie ou encore en Amérique, afin que chacun trouve ce qui lui convient. Une partie est spécialement dédiée aux études au Japon.

Nouveau Blog: pr-effectiveness.com

13 Mai

Dans le cadre de mon cursus en Master à l’Université de Tokyo, je dois réaliser comme tout autre étudiant un projet de recherche personnel qui aboutira à la rédaction d’un mémoire, et que je devrai soutenir à la fin de mes deux années d’études. Mon projet porte sur la non-prolifération des armes nucléaires, un sujet qui touche autant à l’ingénierie qu’aux relations internationales. Un sujet académique parfois méconnu aussi. Dans le cadre de mon activité de recherche, j’ai réalisé un site internet (www.pr-effectiveness.com) afin de pouvoir présenter mon projet au grand public mais également pour faciliter mes échanges avec les étudiants, professeurs et experts qui prennent part à cette étude. Le site présente mon projet dans ces grandes lignes et donne également accès à mes rapports qui décrivent mon approche en détail. Que vous soyez curieux au sujet de l’étude de la non-prolifération des armes nucléaires ou simplement de ce à quoi ressemble un projet de recherche en Master à l’Université de Tokyo, n’hésitez pas à visiter ce nouveau blog! Je le tiendrai à jour et y ajouterai du contenu de manière régulière. Le lien sera disponible de manière permanente dans la section Todai -> Projet de Recherche du blog.

(Cliquez sur l’image ci-dessus pour accéder au site)

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