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Tokyo Fashion

23 Juil
Photos by The Bento Boy

 

S’il y a bien un thème que je ne pouvais pas manquer au sujet du Japon, et de Tokyo en particulier, c’est celui de la mode. Au pays des paradoxes, où l’uniforme est omniprésent de l’école primaire à l’entreprise, il existe un véritable engouement, une obsession même du vêtement, du look, du style. Les styles justement, on en trouve par centaines. Des idols déguisés en personnages de manga à l’ultra-chic des quartiers huppés, du hipster  au punk, du gothique au classique… Tokyo est un défilé permanent.

Mais qui, dans cette société si uniformisée, se permet donc de tels écarts ? Qui sont ces personnes, si nombreuses, à l’apparence parfois outrageuse, et forcément incompatible avec un boulot de salaryman ? Ce sont des étudiants du supérieur (la plupart des universités n’ayant pas d’uniforme, contrairement aux écoles, collèges et lycées) mais également des jeunes aux professions peu contraignantes ou en relation de près ou de loin avec la mode. Ce sont des serveurs, vendeurs, des coiffeurs ou des modèles. Des artistes, des entrepreneurs ou des freelancers.

 

 

Il m’est venu plusieurs fois l’envie de créer une partie de mon blog qui serait dédiée à la mode. Comme une mosaïque des styles tokyoïtes. Cependant, le sujet est tellement vaste qu’il me serait impossible de me consacrer à la tâche. Par ailleurs, un de mes amis a créé un blog visuel présentant divers styles, des photos qu’il réalise lui-même au gré de ses rencontres dans les rues de la capitale. Intitulé « The Bento Boy », je vous invite donc à jeter un oeil à ce journal personnel qui selon moi reflète bien l’éclectisme de la mode nippone.

 

Photo by The Bento Boy

Tsukiji : le marché aux poissons

29 Déc

Le marché de Tsukiji (築地市場, Tsukiji shijō) est le plus grand marché aux poissons au monde, et également un des plus grands marchés alimentaires toutes catégories confondues. Il est situé dans la préfecture de Chuo, au bord de la baie de Tokyo et non loin des tours de verre de Shiodome, un quartier d’affaire. On peut y acheter plus de 400 sortes de produits marins, des algues au caviar en passant évidemment par le thon, produit far, et même certaines espèces de baleines dont la vente est controversée. Environ 65 000 personnes travaillent dans cet immense industrie. Le marche de Tsukiji a ouvert ses portes en 1935, après que le tremblement de terre de 1923 ait détruit le précédent marché situé à Nihombashi.

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

Le marché est composé de deux parties distinctes: le « in », marché grossiste réservé aux professionnels ; et le « off », composé d’une multitude de revendeurs, semi-grossistes ou vendeurs au détail. Le pic d’activité du marché se situe entre 5h00 et 8h00 le matin, et malgré cet horaire dissuasif les touristes sont relativement nombreux à venir visiter le fameux marché. L’accès au marché « in », le plus intéressant car c’est là qu’ont lieu les enchères, fait depuis quelques années l’objet de restrictions vis-à-vis des visiteurs. En effet, suite à la gène que ces derniers occasionnent parfois, l’accès leur a été interdit pendant plusieurs périodes depuis 2008. Depuis le début du mois de décembre 2011, le marché « in » est à nouveau interdit aux visiteurs pour une période indéterminée. Je m’y suis rendu à la fin du mois de novembre sans savoir que je faisais peut-être parti des derniers visiteurs autorisés à accéder à cette partie du marché! En fait, seule une toute petite partie du « in » était accessible, le nombre de visiteurs était limité et l’on devait porter des gilets fluorescents pour bien être repérables. Il était également interdit de sortir d’un chemin bien déterminé. Malgré ça, je me sens chanceux d’avoir assisté aux enchères dans cet endroit unique, d’autant plus qu’un projet de déménagement doit aboutir au transfert du marché dans de nouveaux locaux en 2014.

Je me suis rendu au marché accompagné de quelques amis dont un japonais, Ito. Alors que l’on commence à visiter les lieux, un vieux travailleur nous aborde. Il échange quelques phrases avec Ito qui nous présente, une amie et moi, comme étudiants de Todai. Le vieil homme s’étonne alors, nous félicite, et nous propose de visiter le marché à bord de son petit véhicule typique de Tsukiji! C’était d’autant plus étonnant que les travailleurs du marché sont plutôt réputés pour ne pas trop aimer les touristes… C’est le genre de chose qui ne m’arrivera pas une seconde fois! Fun!

(Si cette vidéo est bloquée dans votre pays, vous pouvez la visualiser ici)

Anniversaire de l’Empereur

25 Déc

L’empereur du Japon (天皇, tenno) est le chef de l’état japonais mais n’a qu’un rôle symbolique depuis 1947. L’empereur actuel, Akihito, est le 125e de sa lignée. L’origine de cette dynastie remonte au Ve siècle, il s’agit de la plus longue dynastie au monde. La famille impériale réside à Tokyo depuis le milieu du XIXe siècle.

Chaque année, à l’occasion de son anniversaire – le 23 décembre – l’empereur Akihito ouvre les portes de son palais aux visiteurs. Il s’agit de la seule journée où l’on peut entrer librement dans cette immense propriété située au coeur de Tokyo. En temps normal, seuls certains jardins sont ouverts au public. C’était donc l’occasion à la fois d’entrer dans le palais et de voir la famille impériale en vrai…

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L’évènement s’est déroulé en toute sobriété : pas de fanfare, pas de musique, pas de défilé, juste un discours succinct, une apparition d’environ cinq minutes. Comme d’habitude au Japon, tout était parfaitement organisé, les visiteurs divisés en plusieurs groupes et sous-groupes pour éviter toute bousculade. L’empereur a en réalité effectué trois apparitions aux côtés de sa famille à 30 minutes d’intervalle, afin que tout le monde puisse assister au discours. Lors de son apparition, la foule crie « banzai! », « longue vie à l’empereur! ». Je n’ai pas compris le discours dans sa totalité, mais l’empereur a fait référence au tremblement de terre et au tsunami de mars ainsi qu’au typhon qui a frappé l’archipel au mois de septembre dernier.

 Un groupe d’extrême droite…

Drapeau japonais et drapeau étrange…

Cet évènement est apparemment souvent le point de rendez-vous de groupes d’extrême droite, adulateurs de l’empereur. Ils en profitent pour distribuer quelques tracts, rien de très méchant. La seule chose qui a attiré notre attention, ce sont les étranges drapeaux qu’une centaine de personnes brandissait aux côtés du drapeau japonais (voir la photo ci-dessus). Après quelques instants de réflexion… Oui il s’agit bien de l’île de Taïwan représentée sur ce drapeau. Le message est clair: ces personnes revendiquent l’appartenance de Taïwan au Japon. L’île de Taïwan a été une colonie japonaise pendant 50 ans, de 1895 à 1945, et les relations entre les deux pays sont parfois compliquées depuis cette séparation. À la sortie du palais, un des militants nous distribue un tract en nous affirmant « Taïwan est la propriété de sa majesté l’empereur », plus de doute quant au message porté par ce groupe. Ce genre d’évènement reste, heureusement, anecdotique.

Festival d’Automne de l’Université de Keio

23 Nov

Tout d’abord, une brève introduction et un peu de publicité : l’Université de Keio est une des universités les plus réputées du Japon, située dans le centre de Tokyo. Fondée en 1858, elle compte environ 34 000 étudiants répartis entre 9 facultés couvrant tous les domaines académiques. L’Université de Keio propose de nombreux programmes entièrement en anglais.  Il s’agissait de mon second choix après l’Université de Tokyo. Je conseille fortement aux personnes à la recherche d’un programme d’études supérieures au Japon de consulter le site de l’Université de Keio.

Emblème de l’Université de Keio

Contrairement à l’Université de Tokyo, Keio est privée. Cela implique des frais de scolarité encore plus élevés que dans une université nationale. Cependant, les bourses du gouvernement japonais peuvent également être obtenues pour une université privée, et une exonération des frais d’inscription est possible.

Le principal campus de l’Université de Keio se situe à quelques centaines de mètres de la Tour de Tokyo, en plein coeur de la ville.

Chaque année, les étudiants de l’Université de Keio organisent deux festivals, ou 祭り (まつり, matsuri). Toutes les universités organisent ce genre d’évènement, chacune se ventant d’avoir le plus grand festival. Ce sont les étudiants qui sont en charge de toute l’organisation de l’évènement . Au programme : concerts, expositions artistiques, représentations sportives, concours en tous genres, élections de Miss et Mister « université »… mais aussi conférences par d’éminentes personnalités et ateliers destinés à présenter les différents départements et leurs laboratoires.

Le festival d’automne (秋祭り, aki matsuri) se déroule sur une période de quatre jours. À cette occasion, la semaine est banalisée pour les étudiants de Keio. Ayant des amis japonais qui étudient dans cette université, je m’y suis rendu pour la journée d’ouverture. Le soleil était au rendez-vous: 21°C en cette fin de mois de novembre…

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Le festival est l’occasion pour les étudiants de Keio de se produire sur scène et de mettre en valeur leurs talents artistiques. J’ai vraiment été étonné par la qualité de toutes les représentations et expositions. Une dizaine de scènes de tailles diverses, en intérieur ou en extérieur, étaient réservées aux groupes de musique. Tous les genres étaient représentés : pop, rock, jazz, métal, j-pop, classique… Et je dois avouer que le niveau était vraiment élevé. Je n’ai pas pu filmer beaucoup de concerts mais voici un bref aperçu :

Enfin, comme on est au Japon, il fallait bien un show de danse! C’est apparemment le genre d’évènement le plus populaire dans ces festivals. Un collectif de danseurs et danseuses de l’Université de Keio s’est produit le jour où je suis allé au festival. Ils s’appellent REVOLVE. Là encore, je ne m’attendais vraiment pas à cette qualité! Le show a duré 1h30 sans aucune pause, abordant divers styles de danse : hip hop, house, break, lock, pop… Il faut garder en tête que ce sont tous des amateurs, des étudiants qui ont préparé ce spectacle pendant leur temps libre! J’ai réalisé une vidéo qui résume leur prestation, je n’ai pas pu filmer pendant 1h30…

Undokai (運動会)

18 Oct

Lors de mon précédent séjour au Japon, pendant l’été 2010, j’ai été hébergé par une famille japonaise de Tokyo pendant environ un mois. J’ai depuis gardé un bon contact avec les membres de cette famille qui sont devenus des amis. Depuis mon arrivée au Japon il y a quelques semaines, j’ai eu l’occasion de les rencontrer à plusieurs reprises.

Le weekend dernier, j’ai été invité à assister à l’undokai (運動会, うんどうかい) de l’école du cadet de la famille, Takuma…

 

Toutes les écoles primaires japonaises, sans exception, organisent ce genre d’évènement une fois par an. Il s’agit d’un genre de fête de l’école au cours de laquelle se mêlent compétitions sportives et représentations artistiques. Tous les élèves de l’école sont séparés en deux équipes : les chapeaux blancs et les chapeaux rouges. Chaque équipe comprend des élèves de toutes les classes, âgés de 6 à 12 ans.

Chapeaux rouges vs Chapeaux blancs

Les deux équipes s’affrontent au cours de jeux et épreuves sportives qui peuvent être réservés aux enfants d’un certain âge ou au contraire inclure toutes les classes. Les deux équipent cumulent ainsi des points qui seront comptabilisés en fin de journée pour déterminer l’équipe victorieuse. Certains jeux hors compétition incluent également les parents, frères ou soeurs des écoliers. Le diaporama ci-dessous vous donnera une meilleure idée de ce à quoi ressemble un undokai :

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

Les épreuves comptent des sports tels que sprint et relai, mais également des jeux plus originaux comme le Kibasen (騎馬戦). Dans ce jeux, deux à quatre enfants portent un de leur camarade qui a un bandeau autour de la tête. Sous ce bandeau est glissée une carte. L’équipe qui récupère le plus de cartes du camp adversaire gagne! Je vous laisse voir par vous-même…

Le undokai est également l’occasion pour les enfants de présenter à leur famille le résultat de leur travail durant les cours de danse et de taiso. Le taiso est un exercice d’échauffement effectué en musique. C’est une activité très populaire au Japon, les élèves d’école primaire le pratiquent plusieurs fois par semaine. Parmi ces spectacles, ma préférence va à la représentation de danse à laquelle participait Takuma : on peut l’apercevoir au premier plan, au centre de la vidéo ci-dessous. C’est simple, c’est celui qui danse le mieux! ^^

Enfin, un des aspects les plus amusants d’un undokai est l’encouragement : chacune des deux équipes comporte un groupe de « pom-pom girls ». En fait, le nom dédié en japonais est oendan (応援団, おうえんだん) et les groupes comportent en général autant de garçons que de filles. En plus d’encourager leur équipe, ils effectuent une représentation au milieu de la compétition. La vidéo ci-dessous est un extrait de la représentation des oendan blancs, vous pourrez noter les différences et ressemblances avec les pom-pom girls.

Assister à cet undokai a vraiment été une bonne expérience! Je ne m’attendais pas à une telle qualité pour les représentations, et j’ai même participé à un des jeux! (peut-être bientôt en bonus sur la partie privée du blog ^^)

Ce qui m’a le plus marqué : la discipline dont font preuve les petits japonais. L’encadrement était moindre compte tenu du nombre d’enfants, et ce sont eux qui s’occupaient de la formation des groupes et du timing. Les plus grands encadraient les plus jeunes et au final le programme annoncé a été suivi à la lettre!

Même le suspens était au rendez-vous. Après avoir été menés toute la matinée, les blancs l’ont finalement emporté 475 à 474 sur la dernière épreuve de relai! Je n’avais jamais vu une telle ambiance dans une école primaire! Pour finir, on est allé fêter la victoire de Takuma comme il se le devait, dans un restaurant de sushi!

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